24 février 2008

Enchantement 1/3

Artfloral
Photo d'Anna Cherer

Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme.
Albert Samain

Posté par Ndya à 09:52 - Fil conducteur - Permalien [#]

20 février 2008

Un jour 1/3


passer la souris sur l'animation pour avoir le son

Posté par cotice à 14:41 - Fil conducteur - Permalien [#]

Un jour 2/3

C'était à chaque fois la même envie, le même besoin. Cette sensation si forte qui l'annihilait et l'animait à  la fois.
Il avait beau se dire qu'il ne fallait pas, qu'à chaque fois il risquait sa vie, il n'arrivait jamais à trouver assez de forces pour lui résister. Il cédait. Car en fait, sa vie, c'était là-bas qu'elle était restée, qu'elle s'était ancrée, comment pouvait-il s'empêcher d'aller la retrouver?

Quand le souvenir s'amenuisait, tout son corps souffrait, il lui fallait, il se devait d'y retourner. Ne serait-ce que pour quelques minutes, quelques secondes, juste le temps de fermer les yeux, d'ouvrir son coeur, de mobiliser tout son être, de jouer avec ses sens et de s'en imprégner, s'en délecter.

Il s'échappait alors et prenait ce sentier qui le menait vers cette liberté, sa liberté, leur liberté. Cet endroit que nul ne connaissait. Ce petit coin de bonheur secret, où il pouvait se ressourcer, respirer, revivre, voire même renaitre. Quand commençait l'ascension, tout son corps semblait le porter, le soulever, l'élever la moindre parcelle de vie en lui se mobilisait pour lui donner la force d'atteindre le sommet. Là-haut il savait ce qui l'attendait...

Le soleil lui offrait ses plus doux rayons, le caressait, jamais ne le brûlait. Les roches semblaient se caler pour l'empêcher de tomber, les pierres se faisaient prises, l'herbe douce sous ses pieds. Le vent venait juste le chatouiller, quelques fois il lui semblait qu'il le poussait quand il ralentissait et embrassait ses joues quand elles devenaient trop chaudes.

La nature l'accompagnait, il sentait sa présence et savait que le moment venu, il pourrait encore compter sur elle. N'était-il pas d'ailleurs venu, une fois encore, la solliciter?

Il savait qu'au sommet, elle s'éclipserait et le laisserait face à cette immensité où seul, lui, savait où son regard devait se poser pour qu'enfin, se réveille ce souvenir à jamais gravé. Il la solliciterait le moment venu et comme par magie, elle l'envelopperait et lui laisserait le temps qu'il lui faudrait pour  pouvoir raviver  ses pensées.

Posté par Ndya à 14:40 - Permalien [#]

Un jour 3/3

L'esprit nomade qui l'habite a imprimé dans sa mémoire tous les chemins empruntés, tous les obstacles surmontés pour arriver à ce qu'il est aujourd'hui. Il a juste à relire la carte, remonter cette voie toute tracée pour retrouver, enfouie loin, bien loin, un peu de cette précieuse essence qui le nourrissait jadis.
Ce n'est ni une fuite ni un retour mais la quête de ce courant de jouvence qui le portera vers toujours plus de liberté. Celui qui donne au regard sa lumière naturelle, celui qui accompagne les mots d'un air de vérité.

Ainsi il parcourt et redessine son propre paysage, jusqu'au terme de son périple, où les yeux posés sur la ligne d'horizon, il se laisse emporter par ces vagues successives de sentiments lointains qui déferlent de son coeur béant.
Ces assauts érodent affres et blessures que la vie se plait à appliquer sur chaque existence, accordant à la sienne le bénéfice d'un souffle nouveau.

Alors il referme le coffre de ses pensées, trésors de son passé. Cette fois encore il avait su se retrouver.

Posté par cotice à 14:39 - Permalien [#]

21 janvier 2008

Tic-tac 1/3

chronos
"Chronos" de Le Frédus 06

"L'horloge" de Mylène Farmer (inspiré par Baudelaire)

Posté par Ndya à 16:53 - Fil conducteur - Permalien [#]

Tic-tac 2/3

Il est omniprésent
Sans cesse en mouvement,
Il te file entre les doigts
Se jouant de toi,
Il ne ralentit jamais
Et tu comptes les années,

Tu comptes les heures, les minutes, les secondes
Là il se fait lourd et oppressant,

Tu l'oublies pour un instant dans des bras aimants
Il revient d'un coup et c'est lui qui te prend,

Il s'écoule, toujours masqué
Pour mieux te dominer
Il laisse sur ton visage la trace
D'un passage que rien n'efface,
Il va même te faire oublier
Toi tu accuses les années,

Tu accuses le coup, tu résistes sans pouvoir le fuir
Tandis qu'il fait de ta vie un vague souvenir,

Tu ne sais que trop combien le gouffre a toujours soif
Lui survit à la vie, mais à bout de souffle toi, tu trépasses.

Il est toujours temps.


Posté par cotice à 16:52 - Permalien [#]

Tic-tac 3/3

De prendre son temps
Et se poser un moment
Pour vivre l'instant
Celui qui est présent.
Rien ne sert de courir
Il arrivera l'avenir.

Pour chacun d'entre nous, et ceci partout
Les aiguilles trottent, il n'existe aucun antidote.

C'est notre vie qui poursuit
Le cours d'aujourd'hui,
Graver dans les calendriers.
On ne peut coucher le sablier
Pour arrêter l'écoulement
Des grains de sables qui lentement,
Décomptent un par un nos printemps

Les saisons se suivent mais ne ressemblent
Chacune d'elles apportant ses merveilles

Hier est différent d'aujourd'hui qui lui aussi
Par rapport à demain sera la nuit

Dilemme ou juste "Carpe diem"?

Posté par Ndya à 16:50 - Permalien [#]

11 janvier 2008

Destination : Buenos Aires 1/4

vol

Posté par cotice à 11:53 - Fil conducteur - Permalien [#]

Destination : Buenos Aires 2/4

Elle a ouvert son portable et commencé à aligner quelques mots à l'écran. Le soleil est depuis un moment déjà passé sous la ligne d'horizon. Ses doigts pianotent sur le clavier avec vigueur laissant filer le récit de quelques épisodes d'une autre vie. Une vie qu'elle façonne à volonté, selon ses rêves et ses désirs. Autour d'elle, le décor familier de son appartement laisse peu à peu la place à des paysages plus lointains.
Chaque soir, elle se crée un destin différent. Elle en aura vécu des aventures et croisé des chemins. Parfois même elle ressort un épisode soigneusement archivé pour en prolonger le fil. Elle se vit ainsi, jour après jour, maîtresse de sa destinée.

Cette nuit, l'écriture de son existence semble se délier d'elle-même. Les mots s'impriment avant même qu'elle n'ait eu à les penser. Les éléments même du décor ont pris une place qu'elle n'avait pas envisagée. Les couleurs ne sont pas non plus celles qu'elle avait imaginées. Comme si l'épisode de ce soir voulait lui échapper.

Alors qu'elle porte à ses lèvres la tasse de thé qu'elle vient juste de préparer, ce qu'elle observe sur l'écran de son ordinateur la fige de stupeur. Un à un, les mots s'alignent seuls en une narration dont elle n'est pas l'auteur, comme si l'on avait pris le contrôle de sa machine, comme si quelqu'un prenait possession de sa vie...

Posté par cotice à 11:52 - Permalien [#]

Destination : Buenos Aires 3/4

Manquant presque de renverser sa tasse en la posant tellement ses mains tremblent, elle tape sur quelques touches de son clavier, espérant ainsi effacer ce qui est en train de s'y afficher. Sous ses yeux apparaissent en noir et blanc et en toutes lettres, des brides de sa vie bien enfouies, que seule, elle, connaît. Les mots, les phrases, les paragraphes s'encrent lettres après lettres, noircissant peu à peu l'écran. Ses yeux suivent ce récit dont elle n'est plus maîtresse, n'arrivant à s'en détacher, elle le lit. C'est comme si l'écran l'avait hypnotisée. Lorsqu'enfin quelques heures plus tard, le mot "Fin" apparaît, elle le reçoit comme une délivrance. Elle retente la même manipulation avec les touches de son clavier, mais un message s'inscrit alors:

"Tu n'es pas autorisée à effectuer cette opération.
Relis!"

Incrédule et quelque peu apeurée elle débranche son portable, le ferme et va se préparer une autre tasse de thé pour s'apaiser.

Elle verse l'eau dans la bouilloire, la pose sur son socle, enclenche le bouton, prend sa tasse, examine ses différents pots, finit par en choisir un "Soleil du maquis", l'hume profondément puis en verse une cuillère dans sa tasse, elle entend le "clic" de la bouilloire annonçant que l'eau est à température, la saisit et verse doucement l'eau frétillante sur les fleurs de lavande, les écorces d'agrumes et les feuilles de thé. Elle les regarde tourbillonner et sent monter ce doux parfum, ferme les yeux et cherche à vider sa tête en longues respirations. Mais des brides de cette lecture lui reviennent en mémoire, paradoxalement elle les laisse par vagues arriver, ne cherchant même pas à les refouler. Ses pensées tournoient, s'embriquent les unes aux autres et quelques perles salées roulent sur ses joues. Sentant le sol se craqueler sous ses pieds et à deux doigts de se dérober, elle s'adosse contre un mur de sa cuisine, elle entoure sa tasse de ses deux mains et se laisse envahir par la chaleur de ce thé, gorgées après gorgées elle sent l'effet apaisant la gagner. Peu à peu ses tensions se relâchent, ses pensées s'éclaircissent et semblent analyser les faits.

Comment est-ce possible? Qui peut connaître ces faits dans leurs moindres détails? Qui peut de la sorte prolonger sa pensée voire même y lire? Qui peut prendre son style et si bien le retranscrire? Qui peut ainsi écrire? Qui peut être elle? Qui? La question tourne, tourbillonne, s'accélère et finit par s'envoler telle une fusée en laissant retomber devant ses yeux trois lettres:

L   U   I  : son reflet parfait, sa deuxième âme.

Elle le savait! Il était toujours vivant, il était en vie, en vie...elle le ressentait dans ses entrailles, jamais elle n'avait accepté la version racontée par leur parents, jamais elle n'avait pu s'y résoudre car elle sentait au plus profond d'elle son coeur qui encore battait.

Elle s'assit devant son bureau, rebrancha son portable, l'alluma et ouvrit son fichier. Elle relut les lignes déposées en quête d'indices cachés, comme quand ils étaient petits et qu'ils s'écrivaient en langage codé. Elle ne tarda pas à les déchiffrer. Le message était là, elle savait maintenant ce qui lui restait à faire.  Elle décrocha son combiné, fit le numéro de cette agence avait qui elle avait l'habitude de s'envoler et demanda un billet sur le prochain vol pour Buenos Aires...

Posté par Ndya à 11:51 - Permalien [#]



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