20 février 2008

Un jour 2/3

C'était à chaque fois la même envie, le même besoin. Cette sensation si forte qui l'annihilait et l'animait à  la fois.
Il avait beau se dire qu'il ne fallait pas, qu'à chaque fois il risquait sa vie, il n'arrivait jamais à trouver assez de forces pour lui résister. Il cédait. Car en fait, sa vie, c'était là-bas qu'elle était restée, qu'elle s'était ancrée, comment pouvait-il s'empêcher d'aller la retrouver?

Quand le souvenir s'amenuisait, tout son corps souffrait, il lui fallait, il se devait d'y retourner. Ne serait-ce que pour quelques minutes, quelques secondes, juste le temps de fermer les yeux, d'ouvrir son coeur, de mobiliser tout son être, de jouer avec ses sens et de s'en imprégner, s'en délecter.

Il s'échappait alors et prenait ce sentier qui le menait vers cette liberté, sa liberté, leur liberté. Cet endroit que nul ne connaissait. Ce petit coin de bonheur secret, où il pouvait se ressourcer, respirer, revivre, voire même renaitre. Quand commençait l'ascension, tout son corps semblait le porter, le soulever, l'élever la moindre parcelle de vie en lui se mobilisait pour lui donner la force d'atteindre le sommet. Là-haut il savait ce qui l'attendait...

Le soleil lui offrait ses plus doux rayons, le caressait, jamais ne le brûlait. Les roches semblaient se caler pour l'empêcher de tomber, les pierres se faisaient prises, l'herbe douce sous ses pieds. Le vent venait juste le chatouiller, quelques fois il lui semblait qu'il le poussait quand il ralentissait et embrassait ses joues quand elles devenaient trop chaudes.

La nature l'accompagnait, il sentait sa présence et savait que le moment venu, il pourrait encore compter sur elle. N'était-il pas d'ailleurs venu, une fois encore, la solliciter?

Il savait qu'au sommet, elle s'éclipserait et le laisserait face à cette immensité où seul, lui, savait où son regard devait se poser pour qu'enfin, se réveille ce souvenir à jamais gravé. Il la solliciterait le moment venu et comme par magie, elle l'envelopperait et lui laisserait le temps qu'il lui faudrait pour  pouvoir raviver  ses pensées.

Posté par Ndya à 14:40 - Permalien [#]