24 décembre 2007

Palette de couleurs 1/3

Monet
"Le jardin à Giverny" de Monet

XII Alfonso "Un jardin qui ne ressemble à rien"

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Texte alternatif

Posté par Ndya à 10:12 - Fil conducteur - Permalien [#]

Palette de couleurs 2/3

- As-tu entendu ce qu'il a dit?
- C'est certain que nous ne sommes pas aussi belles que SES nymphéas, mais tout de même! Dire que nous ne ressemblons à rien, c'est un peu fort.
- D'autant plus que nous portons le même nom que ce qu'il chérit tant...Il me déçoit!
- Et si nous lui montrions un peu à quoi nous ressemblons?

Sur ce, le mot fût transmis de sépales à pétales, et pour les plus lointaines par pollen véhiculé par abeilles.
Cette aile du jardin était tout en émoi. Les iris étaient vexées jusqu'au plus profond de leurs pistils. Jamais personne ne s'était aventurée à leur faire la moindre réflexion, Elles, déesses arc-en-ciel, qui symbolisent le lien unissant la terre au ciel, apportent les bonnes nouvelles et savent si bien parler aux regards...Il allait voir - OUI! -  il allait voir ce à quoi Elles ressemblaient! Et il ne serait pas prêt de l'oublier.

Il avait laissé la toile, là sur le chevalet, elle était encore vierge, sa palette, elle, était clairsemée d'amas de peintures huilées et posée sur sa chaise haute, le parasol jouait de ses ombres. Tout était à disposition, à portée de pétales, de feuilles, de tiges mais comment faire?
Soudain deux petites voix se firent entendre de dessous une iris.

-Besoin d'un coup de pattes?

PS: Pour les besoins de "l'histoire" les iris sont féminines ;)

 

Posté par Ndya à 10:11 - Permalien [#]

Palette de couleurs 3/3

Les iris pivotèrent autour de leur tige pour découvrir à leur pied, deux êtres minuscules, presque insignifiants...

- C'est quoi ça ? Lâche l'une d'elle du haut de son orgueil.
- Nous sommes des Miniboys, artistes en herbes, créateurs de ce jardin.
- Vous les créateurs de ces lieux ? Mais vous ne ressemblez à rien ! Alors comme sous l'effet d'une légère brise, toutes les iris du jardin se balancèrent en arrière dans un rire moqueur.

Mais déjà les Miniboys étaient à la tâche et avaient pris le contrôle de quelques unes des iridacées. Celles-ci se virent détachées du sol et se mirent à valser autour du chevalet, libérant dans leurs rondes quelques notes florales qui une à une vinrent imprimer la toile de leurs couleurs. Le jardin tout entier raisonnait de ce bal improvisé tant et ci-bien que chacune de ses hôtes pris peu à peu part au spectacle dans un gigantesque n'importe quoi orchestré de main de maître.
Quand la toile fût entièrement recouverte, chacune des fleurs repris sa place. Celles qui avaient été libérées de terre par les deux créateurs se retrouvèrent dans le pot à eau, sous le parasol.

C'est ainsi que naissent dans l'esprit de certains peintres les oeuvres que nous admirons souvent. Ils laissent la féérie de la lumière et du monde qui les entoure guider leur main qui tient le pinceau.
Un travail un peu fou...

Posté par cotice à 10:10 - Permalien [#]

17 décembre 2007

Insomnie 1/3


Radiohead - Street Spirit

Posté par cotice à 20:50 - Fil conducteur - Permalien [#]

Insomnie 2/3

"-Maman!!!!
D'un bond elle s'extirpa de son lit et alla retrouver son fils.
- Maman?!?...Les indiens me poursuivaient, j'ai voulu courir, j'ai mis mes jambes en route pour aller très vite mais je faisais du sur-place, eux pas! Ils se sont abattus sur moi et je suis tombé dans le vide, je virevoltais, cabriolais, ça n'en finissait pas et je me suis retrouvé dans un drôle de camping. Tout marchait au ralentit, les gens me parlaient mais leurs voix étaient déformées comme si elles provenaient de dessous l'eau.
C'est fini! Plus jamais je ne m'endormirai!!! Plus jamais!
- Mon chéri, ce n'est qu'un cauchemar. Ils ne sont pas là. Regarde autour de toi. Tu as juste fait un mauvais rêve.
- Oui et bien les mauvais rêves on n'en fait plus si on ne dort plus!!!"

Il n'était alors qu'un petit gamin, 6 ans tout au plus, depuis, chaque nuit le même combat s'engageait, lutter contre ses paupières qui chaque soir voulaient se fermer...

Cette lutte il se demandait maintenant comment elle allait bien pouvoir se terminer. Il était si fatigué. Cela faisait des années qu'il s'évertuait à ne pas sombrer dans ce gouffre nocturne. Mais aujourd'hui ses forces commençaient à le lâcher, il était harassé.

Il en avait passé des nuits à inventer des stratagèmes dignes des plus grands conquérants, il en avait gagné des batailles à l'arraché, mais ce soir il doutait...

Posté par Ndya à 20:49 - Permalien [#]

Insomnie 3/3

... des heures, des nuits, des années à fuir ces êtres nocturnes. Une vie à ne plus savoir profiter d'une simple journée tant il redoutait de voir se coucher le soleil, fatigué de veiller chaque nuit reclus dans un coin de son appartement, rongé par une chimie devenue sa seule compagne.
Oui, ce soir il doutait. Il doutait du bien fondé de cette lutte, de la nécessité de continuer à résister. Il était seul. tous l'avaient peu à peu lâché ; ou bien était-ce lui qui s'était isolé. Ces nuits d'insomnies l'avaient tout bonnement vampirisé. Son visage était pâle, ses yeux creusés. Ses mains décharnées traduisaient de façon évidente le piètre état physique dans lequel tout cela l'avait conduit.
Il mourait.
Aussi ce soir là lorsque le soleil fît fondre ses derniers rayons sur l'horizon, il s'allongea simplement sur son lit, les mains à plat, fixant quelques minutes les ombres de la rue qui dansaient au plafond puis, inspirant profondément, il ferma les yeux, vulnérable, et se laissa sombrer...

C'est fini!

ce n'est qu'un cauchemar

juste un mauvais rêve

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Texte alternatif


Son âme parcourt le monde et dès qu'elle le peut, elle fond sur le rêve d'un autre espérant y entrevoir la lumière d'une vie qui lui a échappé.


Posté par cotice à 20:48 - Permalien [#]

08 décembre 2007

A pleins poumons 1/3

courir

Extrait tiré d'Océan Mer d'Alexandro Baricco
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Texte alternatif

Posté par Ndya à 23:15 - Fil conducteur - Permalien [#]

A pleins poumons 2/3

"Les préoccupations qui habitent mon esprit ne tardent pas à disparaître. Sitôt que le sable file sous mes pieds, ma tête se vide. Courir n'est-elle pas la chose la plus naturelle qui soit ?
Peu à peu je me libère, mon coeur se libère lui aussi et chacun de ses battements me rapproche un peu plus de ce moment où je ne ferai plus qu'un avec la nature, comme fondu dans le paysage. Un moment de grâce, de sursis, une brèche dans l'espace temps ouvrant sur un univers aux dimensions nouvelles.
La plage est déserte. Je sens chacun des grains de sable qui se dérobent sous mes pieds. Je sens chacune des particules de l'air qui vient remplir mes poumons. Je sens le sel sur mes lèvres. Je sens les rayons du soleil qui lacèrent ma peau.
Cette confrontation avec les éléments n'est pas une lutte ; c'est une invitation au voyage, un voyage que je voudrais sans fin. Alors n'écoutant que mon coeur battant, je cours, libre et heureux."

Posté par cotice à 23:14 - Permalien [#]

A pleins poumons 3/3

Il courait, courait, ses pas le menaient, le portaient, lui seul savait où ils l'entraînaient. Loin, sûrement très loin...
Ses derniers mots résonnaient encore à mes oreilles.
Une invitation au voyage avait-il dit? Où pouvait-il bien se rendre?
Le long de ce rivage les destinations pouvaient être multiples. Je me sentais moi-même prête à partir tellement le son des vagues me berçait.
Tandis que je le regardais, j'eus l'impression qu'il s'effaçait un peu plus à chacune de ses foulées. Son visage, son cou, ses mains, ses bras, son buste, ses jambes puis ses pieds semblaient s'éparpiller tels des grains de sable soulevés par le vent soufflant sur la plage. N'était-ce pas plutôt un mirage?
Mes yeux fixaient ce point où il avait disparu. Le temps s'écoula. Puis comme surgit d'on ne sait où, il réapparût sur la plage, mais il marchait, d'un pas léger, ses yeux pétillaient, son sourire en disait long sur ce qu'il ressentait, tout son visage irradiait. Oui! Il était bien libre et heureux!
Il s'approcha, me prit la main, l'ouvrit et y déposa...une étoile.

Posté par Ndya à 23:13 - Permalien [#]

01 décembre 2007

Le silence d'au-dehors 1/3

 


sleepingsong


Sleeping song

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Texte alternatif

Posté par cotice à 00:15 - Fil conducteur - Permalien [#]



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