01 décembre 2007

Le silence d'au-dehors 3/3

... saisie par cette minute de repli, elle oublia ce qui l'avait menée ici ; le pique-nique, ses amis, le jeu, tout cela s'évanouit. Plus aucun bruit ne filtrait de l'extérieur. Seul cet air mélodieux occupait l'espace. Il avait surgi de nulle part pour ne plus quitter son esprit.

De dehors, le soleil faisait danser les quelques rayons qui avaient eu raison de la résistance de la porte et des volets clos. Les grains de poussière qui s'enflammaient à leur contact formaient comme une voûte céleste. Elle suivait, songeuse, le balai improvisé de ces étoiles incandescentes.

Ce lieu du passé, de son passé, s'était peu à peu emparé d'elle. Son esprit, son corps, étaient désormais sous emprise. Plus rien ne comptait, d'ailleurs, qu'est-ce qui avait réellement compté depuis le jour où elle et sa famille avait dû quitter cette maison ? Aujourd'hui, elle l'avait retrouvée, et plus encore, elle s'était retrouvée. Aussi, lorsque ses souvenirs vinrent lui prendre la main pour l'entraîner loin, bien loin, elle se laissa emporter.

Nul ne su ce qui s'était passé. Ses amis avaient donné l'alerte dès la tombée du jour. Durant la semaine qui suivit, la région fut examinée dans ses moindres recoins. Même cette maison dont il avait fallu forcer la porte bouclée de l'intérieur, n'avait rien révélé.
Une maison qui étrangement semble avoir repris vie depuis ce jour. Les ronces ont définitivement laissé place à une végétation verdoyante et fleurie toute la saison. Certains soirs d'été, lorsque l'on s'en approche, on peut voir s'échapper du jour des volets quelques rais dansants d'une lumière étoilée, accompagnés des rires d'enfants jouant probablement à cache-cache avec la réalité.

Posté par cotice à 00:13 - Permalien [#]